jeudi 13 août 2009

liturgie incestueuse


Comme toi, j’ai voulu avoir un pouvoir sur mon existence : j’avais choisi de décider au-delà des limites que mon corps m’imposait. Le tien me faisait peur et je cherchais toujours la nuit à m’en protéger. Mes tremblements et ma respiration convulsive qui me tiraient du sommeil m’étaient euphoriques : je transpirais de bonheur, les gouttes qui ruisselaient sur mon front étaient de l’eau bénite, j’en sacrifiais mon corps pour jouir un peu plus de ces instants de tranquillité éphémère. Le lendemain tu devinais parfois mes cicatrices saumâtres cachées sous un mensonge laiteux puis tu te noyais dans ton silence sans fin.

Je descendais les escaliers sans faim, je tentais du moins de m’en persuader : chaque marche qui me rapprochait de toi m’était douloureuse et entrelaçait mon estomac de désirs parricides. L’offrande venait tout juste de s’éteindre, la rose s’était fanée sous la chaleur nocturne et incestueuse. De tes mains veineuses tu m’avais offert l’hostie hostile pourtant repoussée, tout ce qu’il y a de plus sacré et de vénéneux.



« Mon enfant, ceci est mon corps livré pour toi.

Les paroles que je te fais boire sont Esprit et vie»