lundi 23 novembre 2009


Je m’appelle Olympia.
Je suis une poupée animée qui fascine et attire.
Je dis oui, je dis non, on m’appelle l’absente, l’insaisissable, l’impénétrable ou presque.
Je suis l’illusion qui se brise comme du verre.
J’aspire doucement ton âme pendant nos valses mal accordées, je ne suis qu’un objet perdu dans une chambre close.
Je suis une femme automate parfaite, plaquée sur du vivant, te parlant plus de mort que d’amour.
Tout est violence, rien n’est désir.
Ne m’en veux pas, c’est ma manière à moi de faire l’amour.
Je ne t’offre que de l’image, que du semblant pendant que tu te perds dans ma chair accidentelle.
Renverse ton venin en moi, tu ne sais faire que ça. Tu es mon spectacle, ma mutilation. Je te manipule.
Dans mes yeux, tu peux croiser le chemin d’Eros.
Tu guettes et touches mon corps pendant qu’il se dérobe. Tu me proposes des élixirs que je refuse.
Mais lorsque tu plonges, je me décompose.
Je déshabille tes pulsions enfouies et me renverse sans que tu entendes ma mécanique pendant que tu découvres le fond de mes choses.
Je veux t’obséder et me déposséder de moi-même à la fois, tout en cadence, je suis érotique, je suis femme morte.

vendredi 6 novembre 2009

devore amante


Ma belle, tu viens de retrouver le spectre de tes angoisses à travers ces fils cousus à contre cœur.
Tu peux jeter un coup d’œil, il y a là toute la vérité fantasmatique et illusoire de ton passé. Combien de temps t’a-t-il fallut pour que tu te décides enfin à fuir la source de tes sacrifices ? J’ai écrit cette histoire pour toi, pour que tu puisses te retrouver et m’embraser en toi, encore une fois, pour t’arracher de cette innocence chimérique.
Au moment où tu décideras de tourner la page je viendrais partager ta syncope, je sentirais les battements de ton cœur se ralentir lorsque le bruit du moteur s’accéléra, toutes tes défaillances seront miennes. Tu auras le choix, ma belle, le choix de recevoir la sève du bout de tes lèvres d’écorces ou de t’en aller en renonçant au plaisir expiatoire. Je t’en prie, n’écoute pas sa voix, je t’en prie, qui peut prétendre connaître le seigneur et ses désirs ? Abandonne- toi en mes lignes…

Sereine, presque vibrante, elle tourne la page et laisse les mots l’envahir pour le retrouver. Il est comme dans ses souvenirs, son visage n’a pas changé, après tout il a été un peu son père… Il vient de faire pénitence à la porte de sa chambre, elle le sait parce qu’elle l’a entendu au loin, lorsqu’elle est arrivée dans le long corridor. Il lui récite ensuite le Salve Regina en lui tenant la main qu’il caresse doucement, il la fixe, elle sait bien au fond d’elle ce qu’il attend : une cérémonie digne de notre seigneur si chère à ses yeux, réclamée cent fois, chaque jour de la Parascève.

Tes veines s’ouvrent ma belle, libère toi de tes racines et lève les yeux pour me regarder : je suis en toi, venu te sauver du supplice. Il est encore temps pour toi de partir, ne deviens pas cette enfant de dieu pleine de pêchés et de maladresse… Je t’écris pour que tu puisses hurler en silence.



Elle ne parvient plus à lire quoi que ce soit, ses lettres ne sont plus visibles, elles s’embrasent et se détachent, elle les sent moites et brulantes comme leurs lèvres ont pu l’être…Elles se fissurent et s’effondrent comme lorsqu’elle n’a plus la force de rester debout, lorsqu’elle finit par s’accroupir.

Comme tu m’as manqué ma belle, tu sais, il faudrait qu’un jour tu m’expliques pourquoi, que tu me laisses entrer en toi pour que je puisse comprendre. J’imagine très bien ce que tu pouvais ressentir, se perdre dans son personnage et en laisser une cicatrice énigmatique le long du ventre… tu disais qu’elle venait des mers cristallines et pourtant tu m’as laissé tant de fois entrevoir la vérité…

C’est ici que j’avoue, que je me repenti : la chair rougie, dans cette pièce confinée, peut être vais je te regarder jusqu’à ses vices corporels … La syncope n’était qu’un mauvais souvenir, qu’un cauchemar que j’ai voulu ranimer juste pour le plaisir des yeux, juste pour le plaisir de te voir nue ici.

dimanche 11 octobre 2009

there are several of me

Comme une envie… Les histoires commencent toujours de la même manière : un hermétisme colérique, une rêverie insoupçonnée, l’instable interdit qui ressurgit du bout de tes lèvres rougies. L’éclat de verre aurait du être brisé contre ce mur arc en ciel, peut être aurais tu pu deviner la dévotion malsaine qui s’attachait à nos deux corps : mais qu’importe, je me fane sous tes yeux de stalactites. J’oublie qui je suis et tu me ramènes à des années lumière.
Il y a cette emprunte disharmonieuse dans mes cahiers de doléances que j’essaie d’expurger mais ton ombre vient toujours se coller à ma peau, je crois que c’est plus fort que toi.

jeudi 13 août 2009

liturgie incestueuse


Comme toi, j’ai voulu avoir un pouvoir sur mon existence : j’avais choisi de décider au-delà des limites que mon corps m’imposait. Le tien me faisait peur et je cherchais toujours la nuit à m’en protéger. Mes tremblements et ma respiration convulsive qui me tiraient du sommeil m’étaient euphoriques : je transpirais de bonheur, les gouttes qui ruisselaient sur mon front étaient de l’eau bénite, j’en sacrifiais mon corps pour jouir un peu plus de ces instants de tranquillité éphémère. Le lendemain tu devinais parfois mes cicatrices saumâtres cachées sous un mensonge laiteux puis tu te noyais dans ton silence sans fin.

Je descendais les escaliers sans faim, je tentais du moins de m’en persuader : chaque marche qui me rapprochait de toi m’était douloureuse et entrelaçait mon estomac de désirs parricides. L’offrande venait tout juste de s’éteindre, la rose s’était fanée sous la chaleur nocturne et incestueuse. De tes mains veineuses tu m’avais offert l’hostie hostile pourtant repoussée, tout ce qu’il y a de plus sacré et de vénéneux.



« Mon enfant, ceci est mon corps livré pour toi.

Les paroles que je te fais boire sont Esprit et vie»