samedi 22 mai 2010

bête noire

j'aimerais t'offrir ce dont tu rêves. J'aimerais être ton trésor, celui que tu protèges, que tu polis et enfermes dans une boîte en acier scellée au nom de l'ivresse fiévreuse de notre amour. scellée à double tour. Mais la fadeur de ta folie m'exaspère et m'ennuie. ta poupée s'évade et s'efface sans que tu ne parviennes à la rattraper. tu haïs ce narcissisme insipide, la seule chose capable de voler à mon secours. Mon ravisseur se cache sous ma peau et scelle sa présence d'irruptions cutanées, plâtre mon coeur pour qu'il cesse de battre. je lui crie que je l'aime et que je le bénit lorsque ma respiration s'évanouit. le regard glacé, c'est lui qui dessine des stalactites de rêves au creux de mes paupières, figeant alors l'ineffable douleur. tant de fois je me dévouée sur ce lit où tu me fais l'amour et la mort dans l'âme, noyée dans un verre d'eau empli d'amertume. je partage désormais ses spasmes et délires obsessionnels, ses angoisses sarcastiques, ses douces et mielleuses pathologies qu'il fit fondre le long de mes courbes d'enfant. j'aimerais retourner dans ce grenier, m'allonger sur le parquet craquelant et gémissant, retrouver la bête noire qui fit à son tour de moi un monstre et qui continue à me tourmenter et m'obséder.

J'offre ce dithyrambe à celui qui me possédera jusqu'à ce que la dernière goutte de sang n' atteigne le précipice de mes jours perdus.
Je t'en prie, accorde ton pardon à l'errante.